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Les retrouvailles se font toujours au moment où nous commençons à survoler la ville, gigantesque vue du ciel, interminable jusqu'aux pistes d'atterrissage.

Il est 17h et il fait 23°. Nous nous posons en douceur, c'était le dernier vol du capitaine qui était venu faire un tour d'honneur parmi les voyageurs, tout le monde applaudissait, certains lui serraient la main comme Andres.

Nous sommes les premiers à sortir de l'avion et toute une rangée de commandants de bord nous entoure pour féliciter le tout jeune retraité.

Le 12 décembre approche, jour de la vierge Guadalupe, le jour où des millions de pélerins viennent à Mexico pour la vénérer. Ils arrivent de tous les états, des pays d'Amérique latine et autres même de France. L'effervescence et la ferveur sont sont au rendez-vous.

Ce n'est pas la première fois que j'assiste à ce déplacement de population, mais ça reste toujours un moment surréaliste de voir les gens à la file indienne marchant tous vers une seule direction, la basilique Guadalupe.

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La plupart sont de jeunes personnes accompagnées d'enfants, portant à bout de bras une statue de la vierge ou sur leur dos. De bon samaritains leur offrent à boire car le périple a été long pour arriver jusqu'ici. J'ai entendu que quelqu'un marchait depuis 10 jours, s'était préparé trois mois auparavant. Bref, pendant 3 jours, entre 6 et 7 millions de pélerins sont attendus. Une victoire pour cette vierge de Guadalupe où chacun l'a remerciera pour l'aide qu'elle apporte au quotidien, d'autres lui demanderont son aide. Pourquoi tant de dévotion?

 Ce dimanche, à un autre endroit de la ville, les habitants de Mexico se pressent dans un immense marché pour faire leurs courses de Noël. La foule y est tellement dense qu'on ne peut y accéder qu'à l'entrée. Nous décidons donc de faire seulement un tour dans la brocante située sur les bords du marché.

Le chemin du retour semble interminable, les embouteillages sont à leur maximum. Pour souffler un peu, nous nous arrêtons au Pastorcito, il est 15h30 et par chance, c'est ouvert. Les tacos se mangent plutôt le soir. Le patron est lui-même présent, figure incontournable du lieu, avec son chapeau de cow-boy et ses bottes à serpent à sonnette. Il reconnaît Andrés, fidèle client depuis le début et il nous offre un petit plat de viande! Nous mangeons nos tacos avec tout le bonheur du monde!

 Le lundi s'annonce bien, la circulation est moins dense et nous pouvons aller à l'aéroport changer notre argent, en cette fin d'année, nous sommes chanceux, un euro vaut 18 pesos. On s'arrête à la station essence, les pompistes ont tous mis leur bonnet de père Noël, une petite tradition, ici! Encore des pélerins à pied qui suivent la voie du chemin de fer, ceux-là vont donc arriver pour le jour j. Ils se tiennent par la main, ils sont trois: un enfant et ses parents, le père marchant pied nu. Il faut absolument montrer tous les efforts possibles qu'on peut accomplir en ce jour. Sur la route, d'autres pélerins se croisent, car certains sont déjà sur le chemin du retour. D'autres sont couchés à même le sol, l'effort a été tellement dense qu'ils n'ont plus la force de continuer.

Nous nous promenons dans les rues piétonnes du centre historique, le temps est magnifique, ni trop froid ni trop chaud, c'est assez plaisant même si les rues sont bondées. Nous sommes à Mexico, 25 millions d'habitants, vacances ou pas, les gens se promènent donc dans ses rues épargnées par le bruit des voitures. Un peu de tranquillité, tout de même. Nous faisons un tour dans le quartier de la musique, andrés veut saluer ses camarades. Puis, nous rentrons dans un autre lieu mythique de la ville, le Salon Corona, un restaurant à l'ambiance familiale qui existe depuis 1928 ! La carte est très simple: tacos ou torta (sandwich typiquement mexicain), nous commandons alors deux tortas et deux bières pacifico pour trinquer à nos vacances au soleil. Il est encore tôt pour rentrer à la maison, étant donné que le trafic n'est pas aussi dense, nous décidons d'aller dans le sud de la ville, à Coayacan, quartier colonial pour manger une délicieuse glace appelé Tépoznieve! Dommage, la boutique est fermée, et oui, nous sommes lundi et même dans une mégalopole, il y a des endroits fermés le lundi ! Je suis un peu déçue car manger la glace Tépoznieve est un rituel comme les tacos, souvenirs de notre vie passée à Mexico! Bon, on se promène quand même dans le quartier, très loin de l'agitation urbaine, avec le sentiment d'être dans un village où c'est jour de fête sauf que c'est un jour ordinaire! Un beau et haut sapin tout argenté orne le parvis de la mairie, dans une petite rue derrière, plusieurs étals de restaurant improvisés sont là temporairement pour la période de Noël, les gens y mangent ou grignotent vu l'heure. Nous faisons un tour au marché, histoire d'acheter quelques légumes, il suffit de lever un peu la tête pour voir toutes les pinatas en forme d'étoiles prêtes à être achetées pour les posadas à venir.

Nous flânons un peu dans une librairie et au moment de sortir, il est presque 18h, le soleil est en train de tomber; sur la place centrale, les bancs sont investis par les amoureux, c'est le moment aussi des retrouvailles! Tout est très calme, au loin, la porte de l'église est ouverte, une lumière chaleureuse s'en dégage, c'est l'heure de la messe...

Nous, nous allons plutôt à la boulangerie, l'atmosphère y est d'une autre époque avec tous ses étals de pains, de gâteaux, de brioches. Chaque pain a un nom, Andres est aux anges avec son plateau et sa pince, je suis obligée de le freiner un peu sinon... On commence à faire la queue pour l'emballage des pains, le comptoir est ovale….la boulangerie se remplie peu à peu, la messe terminée, tout le monde va chercher ses petits pains, dîner traditionnel des mexicains ! Une fois que tout est emballé, mis dans un sac de papier, on doit se diriger vers la cabine pour payer ! Cette boulangerie se révèle être un autre monde pour des yeux français.

Nous quittons ce quartier et nous rentrons assez rapidement pour déguster nos petits pains avec un verre de lait.

Aujourd'hui, Acapulco nous attend, à défaut de vénérer la vierge, nous vénérons le sable de la côte pacifique...

Voilà, nos retrouvailles avec Mexico se passent toujours ainsi, en douceur, ce sont des petits moments pas si extraordinaires mais qui font qu'on aime le Mexique.